Créé en 2014, la co[opéra]tive constitue un collectif de production
lyrique qui mutualise les ressources de ses fondateurs, les scènes
nationales de Besançon, Quimper et Sénart, ainsi que le Théâtre impérial
de Compiègne, l’Opéra de Rennes et l’Atelier lyrique de Tourcoing.
Depuis le premier projet, consacré aux Noces de Figaro de Mozart en 2015, plusieurs autres ont été élaborés, à l’instar de La Dame blanche de Boieldieu, en 2022.
De nombreux autres théâtres participent désormais à la diffusion des
spectacles à travers toute la France, comme on peut le constater avec la
liste des nombreuses dates pour le tout dernier d’entre eux, l’« opéra
de salon » en un acte Cendrillon (1904) de Pauline Viardot.
On ne peut que se réjouir de retrouver cet ouvrage charmant, déjà monté en version scénique à Paris en 2010, et à Lausanne en 2018, puis repris en 2023.
Cette nouvelle version se distingue par une instrumentation inédite
pour violoncelle, clarinette, piano et percussions, due à Jérémie
Arcache (né en 1987). Avec le recours au synthétiseur et à la batterie,
un coup de jeune parcourt toute la partition : de quoi nous embarquer
dans des sonorités inattendues et décalées, qui respectent toujours le
fil narratif et l’esprit de l’ouvrage, tout en mettant en valeur les
différents musiciens.
Malgré une acoustique à la résonance étouffée, les chanteurs réunis emportent l’adhésion par leur fraîcheur et leur engagement : ainsi d’Apolline Raï‑Westphal, qui donne à sa Cendrillon des trésors de raffinement, tandis que Tsanta Ratia (Le Prince) assure solidement sa partie. Incarnant les demi‑sœurs, Clarisse Dalles et Romie Estèves se régalent de leurs réparties vénéneuses avec gourmandise, à l’instar d’Olivier Naveau – et ce malgré un timbre un peu terne. Enfin, Enguerrand de Hys et Lila Dufy font valoir toutes leurs qualités de diction, toujours décisives dans ce répertoire léger.







