Eglise Notre-Dame du Liban |
Si le nom de Michael Haydn (1737-1806) reste évidemment plus rare au
concert en comparaison de son illustre frère Joseph, sa production
religieuse et plus particulièrement son très beau Requiem lui
permettent de conserver une certaine notoriété. Il faut dire que Mozart
lui-même fut très influencé par cette œuvre composée en 1771, au point
qu’on y retrouve des similitudes dans son célèbre Requiem
pourtant écrit vingt ans plus tard. Outre la formidable mémoire du génie
salzbourgeois, l’amitié durable qu’il entretint avec le cadet des
frères Haydn explique cette troublante parenté. On ne peut que féliciter
Philippe Lerat de partager son intérêt pour ce répertoire audacieux,
interprété par un ensemble orchestral et des chœurs composés de
professionnels et d’amateurs. Une gageure, tant ce genre de programme
prend le risque de ne pas remplir la salle – les compléments de
programme, outre Rameau, s’inscrivant autour de la figure toute aussi
injustement négligée du symphoniste classique Karl Ditters von
Dittersdorf (1739-1799).
Le concert prend place dans la cathédrale Notre-Dame du Liban, nichée entre quelques rues discrètes du Ve arrondissement de Paris. Ecrin intime rempli à craquer en ce mercredi soir, ce lieu est bien connu des mélomanes pour avoir accueilli les enregistrements de l’éditeur Erato pendant près de trente ans. Ses dimensions modestes expliquent sans doute l’excellente acoustique des lieux, sans réverbération excessive, même si les bois y ressortent moins que les cordes ou les cuivres. C’est particulièrement marquant dans la symphonie de Dittersdorf, où les contrechants manquent de poésie pour bien contrebalancer les scansions bien étagées par Lerat. Constante de sa direction, l’attention aux nuances est respectée avec une admirable précision, tout comme dans les extraits de Dardanus de Rameau. Si l’orchestre laisse entendre quelques insuffisances aux violons principalement, il faut souligner l’excellence des pupitres de violoncelles et de cuivres, ainsi que le bon niveau global d’ensemble.
Les chœurs ici réunis, aux deux tiers féminins et composés d’amateurs, n’affichent malheureusement pas le même niveau dans la première partie de concert – motets de Michael Haydn et court Ubi caritas du compositeur norvégien Ola Gjeilo, né en 1978 – chantée a capella, où les sopranos ne brillent guère. L’homophonie du Requiem de Haydn leur réussit mieux, faisant oublier ce départ bien poussif. A leurs côtés, les solistes apportent un souffle de jeunesse bienvenu, porté par le chant radieux de Julien Dubarry, toujours très en voix. Il est actuellement membre du chœur de l’Orchestre de Paris, à l’instar de Nida Baierl et Christoph Engel. Ces deux derniers se montrent un peu plus en retrait, la première sans doute tétanisée par l’événement avec sa ligne de voix instable, le second un peu trop timide pour réellement porter son chant élégant au-delà des quelques premiers rangs. La grande satisfaction de la soirée reste cependant à l’actif de Stéphanie Boré, alto au timbre chaud et puissant, à l’aise sur toute la tessiture.
Le concert prend place dans la cathédrale Notre-Dame du Liban, nichée entre quelques rues discrètes du Ve arrondissement de Paris. Ecrin intime rempli à craquer en ce mercredi soir, ce lieu est bien connu des mélomanes pour avoir accueilli les enregistrements de l’éditeur Erato pendant près de trente ans. Ses dimensions modestes expliquent sans doute l’excellente acoustique des lieux, sans réverbération excessive, même si les bois y ressortent moins que les cordes ou les cuivres. C’est particulièrement marquant dans la symphonie de Dittersdorf, où les contrechants manquent de poésie pour bien contrebalancer les scansions bien étagées par Lerat. Constante de sa direction, l’attention aux nuances est respectée avec une admirable précision, tout comme dans les extraits de Dardanus de Rameau. Si l’orchestre laisse entendre quelques insuffisances aux violons principalement, il faut souligner l’excellence des pupitres de violoncelles et de cuivres, ainsi que le bon niveau global d’ensemble.
Les chœurs ici réunis, aux deux tiers féminins et composés d’amateurs, n’affichent malheureusement pas le même niveau dans la première partie de concert – motets de Michael Haydn et court Ubi caritas du compositeur norvégien Ola Gjeilo, né en 1978 – chantée a capella, où les sopranos ne brillent guère. L’homophonie du Requiem de Haydn leur réussit mieux, faisant oublier ce départ bien poussif. A leurs côtés, les solistes apportent un souffle de jeunesse bienvenu, porté par le chant radieux de Julien Dubarry, toujours très en voix. Il est actuellement membre du chœur de l’Orchestre de Paris, à l’instar de Nida Baierl et Christoph Engel. Ces deux derniers se montrent un peu plus en retrait, la première sans doute tétanisée par l’événement avec sa ligne de voix instable, le second un peu trop timide pour réellement porter son chant élégant au-delà des quelques premiers rangs. La grande satisfaction de la soirée reste cependant à l’actif de Stéphanie Boré, alto au timbre chaud et puissant, à l’aise sur toute la tessiture.
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