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| Omer Meir Wellber |
Après le concert donné ici
avec Jakub Hrůsa à la tête du Philharmonique de Radio France, place
cette fois à une esthétique radicalement différente autour du chef Omer
Meir Wellber et de la Philharmonie de chambre allemande de Brême. Au
mélange de précision et de souplesse de la formation parisienne succède
cette fois l’impressionnante cohésion technique de l’orchestre de
chambre allemand, en tournée tout l’été avec Wellber. A la lecture de
leur agenda, on s’amuse de constater que les prochains concerts
reprennent le même programme, à une exception près : le Double Concerto pour violon et accordéon « Labyrinth of Time » d’Aziza Sadikova (née en 1978) remplace la Première Symphonie de Mozart choisie pour Montpellier.
C’est l’Ouverture de l’opéra Don Giovanni (1787) qui ouvre le
concert pour chauffer les musiciens, familiers de ce joyau du répertoire
classique. Omer Meir Wellber affiche ses intentions par une entrée en
matière bouillonnante, d’autant plus impressionnante qu’elle est obtenue
avec seulement vingt cordes. Les attaques sèches, sans vibrato,
impriment une tension constante, soutenues par des tempi vifs. Le chef
israélien s’intéresse peu à la respiration des phrasés, en optant
davantage pour un style percussif et nerveux, qui bouscule son Mozart.
On s’habitue peu à peu à cette lecture ponctuée d’accents,
particulièrement excitante dans le cadre du concert.
Après cet apéritif tonitruant, la classe majestueuse et sereine d’Hilary Hahn vient calmer les ardeurs du Premier Concerto
(1868) de Bruch. La clarté et la pureté des sonorités de la violoniste
impressionnent toujours autant, même si ses tempi alanguis dans les deux
premiers mouvements sonnent quelque peu en décalage avec le rugissant
accompagnement orchestral. Le Finale paraît ainsi un peu brusque sous
cette battue, qui ne s’embarrasse pas de coquetteries. En bis, Hilary
Hahn retrouve des cimes plus lumineuses avec la Loure de la Troisième Partita de Bach.
Après l’entracte, le public a la curiosité de découvrir la rare Première Symphonie
de Mozart, composée en 1765 à seulement 8 ans, à l’occasion de son
séjour londonien. Cet ouvrage ne manque pas de qualités dans cette
interprétation engagée, surtout dans son premier mouvement contrasté. Le
deuxième laisse aussi entrevoir quelques répétitions entêtantes et
volontiers planantes, que le chef anime astucieusement en jouant sur les
nuances, autour de piani éthérés. Le bref Finale, en revanche, tourne quelque peu à vide, faute d’idée saillante. On aurait préféré entendre le superbe Cinquième Concerto pour piano, en réalité le premier composé par Mozart (les précédents étant des adaptations de sonates de contemporains).
Le meilleur reste encore à venir avec la Quatrième Symphonie
(1851) de Schumann. L’introduction lente très détaillée n’est qu’un
leurre, tant les tempi du chef israélien s’enflamment avec les premiers
tutti, en un son globalement dense (avec trente cordes réunies pour
l’occasion). Plusieurs détails spectaculaires ressortent, comme les
scansions aux cors, tandis que les vents se font plus discrets en
comparaison. Chaque pupitre privilégie des attaques sèches avec un
mordant sans pareil, même si quelques effets dans les pianissimi
viennent mettre en valeur, par contraste, les crescendos à venir. A
l’instar du Concerto de Bruch, chaque mouvement est enchaîné
directement.
Le manque de respiration par endroits est compensé par la fluidité des
transitions, ainsi que le sentiment d’excitation palpable dans cette
interprétation sans temps morts. Si cette lecture dynamique n’évite pas
quelques sécheresses dans les couleurs, elle se distingue par son
expressivité, particulièrement remarquable dans l’introduction
dramatique du Finale. Les variations de tempo incessantes confèrent à
l’œuvre une dimension imprévisible, qui trouve toujours son assise dans
le soin apporté à la rythmique et à la narration globale.
En bis, le chef, manifestement ravi, s’amuse à jouer du triangle, tout en dirigeant du pupitre la Première Danse hongroise de Brahms, pour le plus grand bonheur du public montpelliérain.

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