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| Toucy |
Après la production lyrique très réussie entendue la veille, consacrée à Giroflé-Girofla
de Lecocq, le festival Les Estivales de Puisaye poursuit son itinérance
à travers le territoire de l’Yonne. De quoi découvrir cette fois la
ravissante Toucy (2 500 habitants), située à quelques encablures
d’Auxerre ou de la maison natale de Colette à Saint‑Sauveur-en‑Puisaye.
Le village peut s’enorgueillir d’une vitalité commerçante étonnante pour
sa taille modeste, sans doute liée au charme de son centre ancien
médiéval, entre maisons à colombage, sentiers bucoliques près des
remparts et position majestueuse de son église fortifiée. C’est
précisément dans ce lieu que se déroule le premier concert du festival,
sous une chaleur toujours aussi étouffante.
On retrouve une grande partie des jeunes interprètes entendus la veille
pour constituer le chœur (quarante chanteurs), tous issus de la Maîtrise
Saint‑Louis de Gonzague. Ils sont cette fois rejoints par plusieurs
aînés, qui les épaulent dans les parties chorales, aux réparties
polyphoniques souvent ardues. On comprend rapidement la nécessité d’un
tel apport, tant les jeunes recrues sollicitées pour les interventions
solistes montrent un niveau hétérogène, plus décevant côté masculin. Il
aurait sans doute fallu opter pour des œuvres moins difficiles ou
confier les parties exposées à des chanteurs chevronnés. Quoi qu’il en
soit, on s’habitue peu à peu à ce désagrément, et ce d’autant plus que
les passages choraux tiennent la route, permettant de se délecter des
envolées contrapuntiques de la Messe brève (1774) de Mozart.
L’esprit léger qui parcourt l’ouvrage rappelle parfois le style concis
et fluide de Michael Haydn, qui officiait à Salzbourg à la même époque.
Après l’entracte, le Psaume XLII (1838) de Mendelssohn fait
entendre davantage de pathos, lorgnant sur la grandiloquence des
oratorios de Haendel, en certains passages. La ferveur plus homophonique
convient mieux aux interprètes, qui trouvent aussi un soutien plus
affirmé à l’orgue. Ils bénéficient tout du long de l’excellente
acoustique de l’église Saint‑Pierre, du fait de leur placement en
dessous du chevet de l’orgue, idéal pour la réverbération. La direction
enjouée de Sophie Chiu se soucie surtout de l’articulation entre la
Maîtrise et l’orchestre Camerata Bohemiana de Prague (dont les musiciens
sont issus des principaux orchestres de la capitale tchèque).
En première partie de concert, les musiciens avaient présenté les Mouvements concertants
de Rémi Gousseau (né en 1954), une création pour orchestre à cordes
avec violon et alto solistes. Composées pour honorer la Bohème dont sont
originaires les excellents solistes Viktor Mazácek et Jirí Poslední,
les quatre pièces font la part belle à une musique expressive, au
lyrisme tonal épanoui. L’écriture enveloppante, aux scansions parfois
minimalistes et entêtantes, réduit les dialogues entre les solistes, qui
se relaient chaleureusement pour épauler le discours musical
d’ensemble, sans aucun temps mort.

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