dimanche 16 août 2026

Concert de la Camerata Bohemiana - Sophie Chiu - Festival Les Estivales de Puisaye - 14/08/2026

Toucy

Après la production lyrique très réussie entendue la veille, consacrée à Giroflé-Girofla de Lecocq, le festival Les Estivales de Puisaye poursuit son itinérance à travers le territoire de l’Yonne. De quoi découvrir cette fois la ravissante Toucy (2 500 habitants), située à quelques encablures d’Auxerre ou de la maison natale de Colette à Saint‑Sauveur-en‑Puisaye. Le village peut s’enorgueillir d’une vitalité commerçante étonnante pour sa taille modeste, sans doute liée au charme de son centre ancien médiéval, entre maisons à colombage, sentiers bucoliques près des remparts et position majestueuse de son église fortifiée. C’est précisément dans ce lieu que se déroule le premier concert du festival, sous une chaleur toujours aussi étouffante.

On retrouve une grande partie des jeunes interprètes entendus la veille pour constituer le chœur (quarante chanteurs), tous issus de la Maîtrise Saint‑Louis de Gonzague. Ils sont cette fois rejoints par plusieurs aînés, qui les épaulent dans les parties chorales, aux réparties polyphoniques souvent ardues. On comprend rapidement la nécessité d’un tel apport, tant les jeunes recrues sollicitées pour les interventions solistes montrent un niveau hétérogène, plus décevant côté masculin. Il aurait sans doute fallu opter pour des œuvres moins difficiles ou confier les parties exposées à des chanteurs chevronnés. Quoi qu’il en soit, on s’habitue peu à peu à ce désagrément, et ce d’autant plus que les passages choraux tiennent la route, permettant de se délecter des envolées contrapuntiques de la Messe brève (1774) de Mozart. L’esprit léger qui parcourt l’ouvrage rappelle parfois le style concis et fluide de Michael Haydn, qui officiait à Salzbourg à la même époque.

Après l’entracte, le Psaume XLII (1838) de Mendelssohn fait entendre davantage de pathos, lorgnant sur la grandiloquence des oratorios de Haendel, en certains passages. La ferveur plus homophonique convient mieux aux interprètes, qui trouvent aussi un soutien plus affirmé à l’orgue. Ils bénéficient tout du long de l’excellente acoustique de l’église Saint‑Pierre, du fait de leur placement en dessous du chevet de l’orgue, idéal pour la réverbération. La direction enjouée de Sophie Chiu se soucie surtout de l’articulation entre la Maîtrise et l’orchestre Camerata Bohemiana de Prague (dont les musiciens sont issus des principaux orchestres de la capitale tchèque).

En première partie de concert, les musiciens avaient présenté les Mouvements concertants de Rémi Gousseau (né en 1954), une création pour orchestre à cordes avec violon et alto solistes. Composées pour honorer la Bohème dont sont originaires les excellents solistes Viktor Mazácek et Jirí Poslední, les quatre pièces font la part belle à une musique expressive, au lyrisme tonal épanoui. L’écriture enveloppante, aux scansions parfois minimalistes et entêtantes, réduit les dialogues entre les solistes, qui se relaient chaleureusement pour épauler le discours musical d’ensemble, sans aucun temps mort. 

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