![]() |
| Leonard Slatkin |
L’Orchestre national de Lyon reste attaché à la figure chaleureuse de
Leonard Slatkin (né en 1944), son ancien directeur musical (2011‑2017),
en le réinvitant régulièrement pour faire découvrir toute l’étendue du
patrimoine musical américain. Si la méconnue Troisième Symphonie de Copland était déjà à l’affiche de son concert en 2024 à l’Auditorium, on se délecte cette fois de la suite du ballet Billy the Kid,
composé en 1938 par l’ancien élève de Nadia Boulanger. Les ouvrages
chorégraphiques de Copland, d’une clarté néoclassique lumineuse,
contribuent à la renommée internationale de son auteur, comme le
démontre cet hommage au fameux hors‑la‑loi du Far West. Les fanfares
alternent avec des parties plus horizontales, en référence aux immenses
étendues explorées peu à peu par les aventuriers en mal de sensations.
Des chants traditionnels de cow‑boys sont disséminés dans ces courtes
miniatures, admirablement orchestrées à la manière de Stravinski.
Slatkin se régale de ces changements d’atmosphère incessants, où la
mélodie principale est mise en avant, sans ostentation. L’équilibre
entre les différents groupes d’instruments constitue sa colonne
vertébrale, avec quelques rares traits pour faire ressortir les détails
de la partition.
Auparavant, l’Ouverture de l’opérette Candide (1956) avait lancé la soirée sous les meilleurs auspices, en nous régalant de l’énergie survitaminée du compositeur de West Side Story. Après l’entracte, on sent les musiciens encore plus à leur aise dans la célébrissime Neuvième Symphonie
(1893) de Dvorák, qu’ils semblent connaître sur le bout des doigts. La
conduite narrative, d’une précision remarquable dans les transitions,
n’évite pas quelques distorsions, avec des cuivres parfois trop appuyés.
Pour autant, Slatkin sait trouver quelques trésors de raffinement dans
les passages apaisés, où sa direction au style franc et direct évite
tout sentimentalisme. Plus méditatif, le Largo laisse entrevoir
une volonté d’allégement aux premiers violons, à même de mettre en
valeur le cor anglais aussi suave qu’envoûtant de Johnneils
François-Guevara. Le Scherzo montre une extraversion plus virevoltante,
mais toujours mesurée, qui provoque des applaudissements prématurés. Les
cuivres puissants et virils résonnent dans le Finale, qui parvient
toutefois à faire ressortir des nuances bienvenues dans les
contrechants, avant l’apothéose conclusive.
Il est à noter que ce concert était labellisé « Relax », un dispositif
venu des théâtres britanniques, afin de favoriser l’inclusion de
personnes neurodivergentes. Des premières séances ont eu lieu à Lyon
en 2024, accompagnant celles d’autres institutions à travers toute la
France (Opéra‑Comique, Radio France, Philharmonie, ainsi que les
orchestres de Rouen, Montpellier, Strasbourg...). Le public est ainsi
autorisé à se déplacer librement ou à exprimer son ressenti oralement et
sans jugement. S’agissant de cette première expérience, force est de
constater que tout s’est déroulé comme à l’habitude, avec son lot
d’inévitables toux, sans autre signe particulier.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire