jeudi 22 décembre 2016

« Symphonies n° 21, 27 et 34 » de Mozart - Manfred Huss - Disque Bis


On doit à Manfred Huss la création en 1984 du Sinfonietta Haydn de Vienne, formation sur instruments d’époque qui a enregistré de nombreux disques depuis 1989. Si le chef autrichien s’est principalement concentré sur Mozart et Haydn dans ses premières gravures éditées par ADV, son nouveau contrat débuté en 2006 avec Bis a inauguré un intérêt vers d’autres compositeurs – Schubert, Händel, C. P. E. Bach. Le retour à Mozart s’effectue aujourd’hui avec la réédition remasterisée (VMS/Zappel Music, 2006) de deux symphonies de jeunesse, les Vingt-et-unième et Vingt-septième, auxquelles s’ajoute la Trente-quatrième de 1780 – nouvellement enregistrée par Bis avec un son meilleur, moins réverbéré. Relativement méconnue, la Trente-quatrième a été composée la même année que le chef-d’œuvre lyrique Idoménée. Ces trois mouvements s’expliquent par l’absence du Menuet dans la partition, dont les feuillets ont été arrachés alors qu’il figurait en deuxième position. Est-ce là une volonté de Mozart ou le forfait d’un individu peu scrupuleux? Nul ne le sait. Toujours est-il que cette absence est parfois compensée par l’ajout du Menuet K. 409, composé en 1782: c’est le choix que fait ici Manfred Huss, le plaçant curieusement en troisième position.

Ce détail mis à part, tout dans son interprétation n’appelle que des éloges. Le début au phrasé martial laisse entrevoir tous les détails de l’orchestration de Mozart, déjà plus élaborée que les deux symphonies de jeunesse. La direction de caractère de Huss met davantage d’accent à l’évanescent Andante qui suit, ralentissant ensuite le tempo dans le Menuet, toujours très détaillé mais à l’élan robuste porté par une vitalité qui relance toujours le discours musical. L’Allegro final se montre un peu trop sérieux, Huss privilégiant une impressionnante mise en place fondée sur le rebond rythmique.


Les deux autres symphonies enregistrées précédemment sont globalement interprétées dans un tempo encore plus vif en comparaison. Nulle sécheresse cependant, tant Huss parvient à rester fluide dans l’urgence donnée aux contre-champs nerveux. On notera dans le Menuet de la Vingt-et-unième (1772) la mise en valeur des cors, puissants et surprenants, à la manière d’Harnoncourt (dans la fameuse Trente-unième de Haydn par exemple).


Globalement, on ne s’ennuie guère avec ce chef qui parvient à un équilibre étonnant entre attaques sèches et expression des couleurs de son ensemble, de bonne qualité, où l’on retrouve le vétéran Simon Standage au premier violon (tout comme à l’Orchestre Orfeo de Budapest). Un très beau disque pour découvrir ou redécouvrir ces œuvres du premier Mozart.

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